Chers membres du Cercle Richard Wagner,
Quelle expérience fut celle de ce pèlerinage vers la colline verte ! Ce fut tout d’abord de très belles rencontres humaines, grâce à ce campus où une grande partie des boursiers étaient rassemblés, et où la première soirée a permis de nous rencontrer ! Nous étions trois françaises dans la même chambre, et avions beaucoup de connaissances communes car nous avions toutes habité à Paris pendant un temps. C’était un plaisir également d’avoir pu croiser quelques collègues que j’ai connus au début de mes études ou encore lors de diverses académies, et de voir toute cette cohésion et ce rassemblement autour de la musique de Wagner.
Le premier opéra auquel nous avons assisté a été Das Rheingold. Assise dans les loges, je n’ai malheureusement pas eu la même expérience que mes collègues qui étaient assis au parterre, car il y avait beaucoup de bruit de la part d’autres spectateurs et du plancher qui craquait, mais l’entrée de l’orchestre fut tout de même impressionnante.
J’ai pu apprécier la différence acoustique lors de Parsifal depuis le parterre, qui n’était à la base pas mon opéra préféré de Wagner mais qui a été celui qui m’a le plus marqué du séjour. La mise en scène était réussie, colorée et cohérente par rapport aux autres, que j’ai trouvées trop modernes à mon goût. Andreas Schager et Ekaterina Gubanova y étaient splendides, et j’ai été enveloppée par cette acoustique si particulière, et si confortable pour les chanteurs. Il est difficile maintenant de retourner dans des maisons d’opéra gigantesques où l’on peine à entendre certains chanteurs, au vue des dimensions démesurées et de certains orchestres trop fort…
Mais ce qui m’a le plus marquée était la qualité des chœurs d’homme et de l’orchestre, que je n’ai entendue encore nulle part ailleurs, avec une unité et une qualité de son rare.
Les dernières et belles étapes de ce voyage ont été la visite de la ville, du Markgräfliches Opernhaus, de la Wahnfried Haus, et surtout des ateliers de piano Steingraeber, marque que j’affectionne particulièrement, où j’ai pu profiter et essayer de nombreux pianos toute une matinée. J’ai également pu voir et tester l’instrument créé spécialement par Wagner pour son dernier opéra Parsifal (Gralsglocken), ce qui était assez impressionnant, surtout quand on a le luxe d’avoir vu ce même opéra la veille.
Ce pèlerinage s’est terminé en beauté avec la représentation de Siegfried qui reste une de mes œuvres favorites de Wagner, et que j’ai pu apprécier à son juste titre dans ce magnifique Festspielhaus.
Un immense merci à tous les membres du Cercle Richard Wagner pour votre investissement et votre générosité, qui ont pu me permettre de vivre cette expérience intense et dont je garderai un souvenir impérissable.
