Le 9 février 1868, dans une lettre à Marius Roux, Émile Zola écrit : « Grand succès de la Marche religieuse de Wagner, trois salves d’applaudissements. Cette marche, tirée de Lohengrin, que l’on exécutait pour la première fois, a même été bissée ! ce qui n’est jamais arrivé, je crois, pour aucun morceau du grand musicien […]. J’ai été un des premiers à crier bis ! » Puis, au soir de sa vie, à l’occasion de la création de Messidor à l’Opéra, il s’adresse en ces termes aux wagnériens : « Dites-le, soyez franc, vous ne voulez pas de moi dans le temple de Parsifal, et vous avez raison. » (Le Gaulois, 23 février 1897)
Que s’est-il passé entre ces deux moments pour que le positionnement de Zola face à Wagner soit si différent ? Dans cette conférence, je me propose de répondre à cette question en examinant la présence du compositeur dans la vie et l’œuvre de l’écrivain (romans et livrets d’opéras mis en musique par le compositeur Alfred Bruneau) et en proposant une incursion vers les écrivains des Soirées de Médan (1880) et, plus particulièrement, Henry Céard.
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Jean-Sébastien Macke est ingénieur-codicologue à l’Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS/ENS), au sein du Centre d’étude sur Zola et le naturalisme et de l’équipe de codicologie. En 2003, il a soutenu une thèse consacrée aux liens d’Émile Zola avec le compositeur Alfred Bruneau, sous la direction d’Alain Pagès (Université de Reims). Il s’est spécialisé dans l’étude des rapports entre littérature et musique et s’intéresse au prolongement du naturalisme dans les domaines de la photographie et du cinéma.
Trésorier de l’Association française pour l’Histoire et l’Étude du Papier et des Papeteries, il travaille également, au sein de l’ITEM, à l’étude codicologique des manuscrits d’écrivains et collabore, dans le cadre des humanités numériques, aux projets d’édition des archives et manuscrits d’auteurs (Zola, Rousseau, Lévi-Strauss, …). Il est également membre du comité de rédaction des Cahiers naturalistes, revue annuelle consacrée à Émile Zola et au naturalisme, et de Genesis, revue de critique génétique de l’ITEM.
En 2025, il est co-commissaire de l’exposition « Zola photographe » à l’Espace Richaud de Versailles, du 19 février au 20 avril 2025 (15 000 visiteurs).
Dernière publication d’ouvrage : Zola et la photographie Une page d’amour, Hermann, 2023, avec Mathilde Falguière-Léonard, Céline Grenaud-Tostain et Bruno Martin.
