Le grand collectionneur wagnérien Gustave Fayet par Cécile LEBLANC

Publié le - 19h00Hôtel Bedford

Gustave Fayet (1865-1925) semble avoir faite sienne la devise de la Revue Wagnérienne d’Édouard Dujardin : « Jouer du Wagner, […] c’est fonder dans notre pays une nouvelle école d’art »[1]. Très fortuné grâce à la gestion de ses domaines viticoles biterrois, il collectionne très tôt Gaughin, Van Gogh et Picasso. Mais il possède également des peintures et des pastels de Degas, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Renoir, Morisot, Signac, Bonnard, Vuillard et Matisse. Passionné de Berlioz, mais surtout de Wagner, il crée dès 1894, la Chambre musicale de Béziers où il montera Les Maîtres chanteurs et La Walkyrie au début du siècle.

L’acquisition de l’abbaye de Fontfroide par Madeleine et Gustave Fayet en 1908 permet à l’artiste de réaliser la thébaïde qu’il recherchait et d’y être pleinement un créateur et un maître d’œuvre. Sa passion pour l’art total d’inspiration wagnérienne et nabi trouve à s’y employer : musique, peinture, sculpture et art décoratifs se répondent dans les décors du quotidien. S’entourant d’artistes novateurs comme Redon, Viñes, Déodat de Séverac et le couple formé par Richard Burgsthal et Rita Strohl, il fait de Fontfroide un écrin destiné à faire vivre l’art total et non plus à l’exposer. Son Gesamtkunstwerk, réalisé à l’aide d’artistes choisis, montre combien Wagner irrigue, entre autres, la modernité Art Déco.

[1] Dujardin, 8 mai 1886.

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Cécile Leblanc est professeur à Paris III-Sorbonne-Nouvelle. Ses recherches portent sur la littérature et la musique au XIXème siècle, en particulier littérature et opéra, librettologie). Elle a étudié le rapport entre la musique et l’œuvre de Proust.
Elle est depuis le 1er septembre 2025 directrice du CRP19 (Centre de recherches des poétiques du XIXème s)