Strasbourg

jeudi 5 mai 2016

Du 5 au 8 mai 2016.
Spectacles :

  • La Favorite de Gaetano Donizetti (version piano de Wagner)
  • La défense d’aimer, ou la Novice de Palerme

*     *     *

Après la Pologne, la République tchèque, l’Autriche et l’Allemagne, la ville de Strasbourg accueillera le Congrès International Richard Wagner en 2016.

Richard Wagner a séjourné plusieurs fois à Strasbourg, et c’est avec un grand intérêt que nous pourrons découvrir un de ses opéras de jeunesse, qui sera programmé, pour la première fois en France. L’Opéra du Rhin vous proposera Das Liebesverbot, ou La Défense d’Aimer, opéra composé en 1834, d’après la pièce de Shakespeare Mesure pour Mesure. Le congrès proposera aussi un concert Wagner, avec l’Orchestre Symphonique de Mulhouse. De nombreuses manifestations touristiques seront programmées : une excursion au Haut-Koenigsbourg et au Musée Unterlinden de Colmar. Vous aurez aussi la possibilité de parcourir la Route des Vins !!!

>> Plus d’information sur le site de l’Association internationale des Cercles Richard Wagner

Compte-rendu du congrès par Annie Benoit

Congrès international Richard Wagner,
du 5 au 8 mai 2016

 

Chaque année, un congrès réunit, en mai ou juin, les Wagnériens du monde entier. En 2016, le Congrès a eu lieu à Strasbourg, orga­nisé par Maître Louis Oster, président du Cercle Richard Wagner de cette ville, que nous remer­cions pour son accueil chaleureux. Vingt et un mem­bres du Cercle de Paris ont assisté à ce con­grès ; Chantal et Alain Barove vous font revi­vre ci-dessus les deux soirées lyriques, particu­liè­re­ment ori­gi­na­les. Cette réunion, ouverte à tous les adhé­rents des différents cercles, per­met des ren­con­tres amicales, et c’est une occa­sion de nouer des relations avec des membres d’autres vil­les françaises ou étrangères. À l’occasion de ce congrès international, une assemblée réunit tous les présidents présents. Schirley Avignon, tré­so­rière du Cercle, m’a accompagnée à cette réunion.

Pour mémoire, l’Association Internatio­nale des Cercles Richard Wagner est présidée par Monsieur Horst Eggers, élu à Dessau, l’an der­nier. Il est secondé par quatre vice-prési­dents, dont Jacques Bouffier, adhérent du Cercle Richard Wagner de Paris, et par dix autres membres, dont fait partie notre ami Christian Ducor. Madame Brigitte Merk-Erbe, maire de Bayreuth, avait annulé sa participation, pour des motifs familiaux. Madame Eva Wagner-Pasquier, pré­sente à cette réunion, est, depuis mars 2016, une ambas­sa­drice du Festival de Bayreuth pour les cercles Wagner.

Le Président Horst Eggers
et Maître Louis Oster
à l’occasion du déjeuner d’adieu (photo : Pierre Benoit)

Dans son rapport d’acti­vité, Monsieur Horst Eggers a évoqué le problème de l’attribution des billets pour le Festival. Je vous rap­pelle que, grâce à la billetterie en ligne, nous avons obtenu quatre Ring. Malheureusement, aucune réservation ne fut possible après le 15 août. Il semble que ces attributions seront optimisées dans le futur.

Le Dr Specht, directeur général de la Fondation des bourses d’études Richard Wagner, nous apprend que, parmi les 250 étudiants qui ont bénéficié d’une bourse en 2015, il y a une petite majo­rité de femmes, et que les chan­teurs sont les plus demandeurs.

Des informations sur les congrès futurs permettent de penser que celui de 2018 aura lieu à Innsbruck, celui de 2019 à Venise, puis en 2020 à Bonn à l’occasion du 250e anniver­saire de la naissance de Ludwig van Beethoven.

Notre présence aux congrès est très importante pour le rayonnement du Cercle de Paris au sein de l’association internationale.

Annie Benoit

Impressions du congrès par Alain et Chantal Barove

Congrès international Richard Wagner,
du 5 au 8 mai 2016

 

Sous un soleil chaud et radieux s’est déroulé, à Strasbourg, le Congrès International 2016 des cercles Richard Wagner, réunissant 380 participants, dont 23 adhérents du CNRW-Paris.

La séance d’ouverture, salle de l’Assem­blée du Palais du Conseil de l’Europe, présidée par M. Horst Eggers, président international, en présence d’Eva Wagner-Pasquier, notre prési­dente d’honneur, a été suivie de l’assemblée générale des délégués. Annie Benoit, prési­dente, et Schirley Avignon, trésorière, y repré­sen­taient notre Cercle.

Visite de la ville, excursions, conférences, concert au Palais de la Musique et des Congrès (par l’Orchestre symphonique de Mulhouse dirigé par Patrick Davin), concert d’orgue à la cathédrale, piano à l’église St Guillaume, etc., ont permis à tous d’agrémenter au mieux leur séjour. Deux événements méritaient le voyage : à la Cité de la Musique et de la Danse, La Favorite de Gaetano Donizetti, dans une transcription pour piano de Richard Wagner, et le deuxième opéra de jeunesse du Maître, Das Liebesverbot, oder Die Novize von Palermo (« La défense d’aimer, ou la Novice de Palerme »), à l’Opéra National du Rhin, création française (voir critiques ci-dessous).

Nous espérons être encore plus nom­breux l’an prochain, du 7 au 11 juin 2017, à Budapest, où nous avons déjà noté un Parsifal dirigé par Adam Fischer.

La Favorite : 7 mai 2016

La Favorite, créé en décembre 1840 à l’Opéra de Paris, est le 4e opéra de Gaetano Donizetti en langue française. Richard Wagner en a fait une transcription pour piano seul.

C’est cette transcription dans la version en français qui est proposée par les solistes de l’Opera Studio de l’Opéra National du Rhin, à la Cité de la Musique et de la Danse. Avec ses 8 chanteurs et ses 2 pianistes-chefs de chant, cet Opera Studio, dirigé par Vincent Monteil, est l’une des rares structures en France à offrir à de jeunes artistes de tous horizons la possibilité de parfaire leur formation musicale en se confron­tant au monde professionnel, notamment en intégrant des productions de la maison.

Sur une mise en espace d’Anne le Guernec, et sur fond de toiles de Turner, les jeunes artistes de cette production, déjà très professionnels, ont soulevé l’enthousiasme des spectateurs, qui ont applaudi leur engagement théâtral. La mezzo-soprano belge Coline Dutilleul, également compositeur, très confir­mée dans des répertoires allant du baroque au contemporain, est une Léonore frémissante, dont la voix chaude et souple est d’une rare homogénéité sur toute la tessiture. Le jeune ténor chilien Diego Godoy-Gutierrez n’a pas faibli devant les difficultés de la partition suraigüe du rôle de Fernand. Son timbre est idéal pour ce genre de répertoire belcantiste. Souhaitons-lui une carrière à la Juan Diego-Flores. Le père Balthazar était interprété par la belle basse Nathanaël Tavernier, boursier du Cercle Wagner de Strasbourg, entendu la veille lors d’un intermède musical au Palais du Conseil de l’Europe. Nous sommes restés sur notre faim en écoutant la très jolie voix de la soprano italienne Francesca Sorteni dans le trop petit rôle de la suivante Inès. Le baryton mexicain Emmanuel Franco, peu à l’aise au début, a révélé un timbre nuancé et musical.

Plus qu’une mise en espace, ces jeunes chanteurs se sont vraiment investis, chacun dans son rôle, soutenus par le talent du pianiste napolitain Tommaso Turchetta, l’un des chefs de chant de l’Opera Studio.

Das Liebesverbot : 8 mai 2016

Das Liebesverbot (« La défense d’aimer, ou la Novice de Palerme ») est l’œuvre d’un tout jeune Wagner de 22 ans, qui, en adaptant la comédie Mesure pour mesure de William Shakespeare, voulait, avant tout, combattre l’infamie puritaine et l’hypocrisie bourgeoise. Sa composition s’inspirait de l’opéra romantique français (Auber, Hérold) et du belcanto italien (Rossini, Bellini, Donizetti). Lors de sa création, en 1836, à Magdebourg, Das Liebesverbot avait été un échec, et, avec ses deux autres opéras de jeunesse (Die Feen et Rienzi), avait été exclu du panthéon de Bayreuth. Même si cet opéra-comique semble, en apparence, très peu wag­né­rien, il annonce cependant les grands chefs-d’œuvre à venir. Il n’avait jamais été représenté en France. Il s’agissait donc, à Strasbourg, d’une création, et la Première a eu lieu à l’occasion du Congrès International Richard Wagner.

La metteur en scène, Mariame Clément, a pris le parti de la comédie et de la légèreté, et a situé l’action à l’époque contemporaine, dans un café viennois, qui sera le décor unique. L’ambiance y est chaleureuse, jusqu’à ce que les sbires du tyran Friedrich, vêtus d’une tenue folklorique (culotte de peau), viennent imposer aux palermitains les nouveaux interdits du gouverneur. Un petit clin d’œil à l’actualité, lorsque les femmes se couvrent la tête d’un foulard à l’annonce du décret interdisant d’aimer. Il n’y a plus de couvent, et les religieuses sont, en fait, les serveuses du café, en tenue stricte, ce qui limite le côté trans­gressif du désir du tyran. L’acte II est le plus endiablé, avec l’arrivée du carnaval, dont les participants apparaissent déguisés en person­nages des opéras de Wagner : Wotan, Walkyries, géants, dragon Fafner, Nornes… On n’est pas loin de la farce. D’ailleurs, dans cet opéra, le comique et le tragique sont intime­ment liés.

Das Liebesverbot : salut final des chanteurs (photo : Stéphane Adler)

La distribution est pétillante. Titulaire de grands rôles wagnériens et straussiens, la soprano suisse Marion Ammann qui inter­prète une fougueuse Isabella, possède une voix lumi­neuse et claire, d’impressionnantes qualités lyri­ques, un aigu solide et une belle endurance. Cependant, son timbre acidulé n’est pas sans évoquer l’opérette viennoise. La jeune mezzo polonaise Agnieszka Slawinska (Mariana) nous a régalés, de son timbre velouté et charnu, d’une douceur incom­pa­ra­ble. L’opéra requiert la participa­tion de deux ténors d’égale valeur : le ténor belge Thomas Blondelle, membre du Deutsche Oper Berlin, et également composi­teur, incarne Claudio (le frère d’Isabella), avec une belle vigueur et beaucoup d’expressivité ; déguisé en mousquetaire, le jeune ténor britannique Benjamin Hulett est un amusant Luzio. La basse Robert Bork, vétéran de la distribution, a l’ampleur vocale et l’autorité qui sied au tyrannique Friedrich. N’oublions pas la ravis­sante Hanne Roos, Dorella piquante dans une robe lamée rose moulante et très sexy, ni la basse-bouffe Wolfgang Bankl, Brighella de luxe.

Le chœur, bien préparé par Sandrine Abello, a un rôle important dans cet opéra, certains choristes composant même de vrais numéros de théâtre.

Le brillant chef Constantin Trinks, qui avait déjà dirigé Das Liebesverbot en 2013, à Bayreuth (à l’Oberfrankenhalle, et non pas au Festspiele), conduit avec vivacité et précision l’Orchestre philharmonique de Strasbourg.

Alain et Chantal Barove

Prochains rendez-vous

dimanche 18 octobre 2026
·
15h15
Hôtel Bedford

Lire la suite »

dimanche 8 novembre 2026
·
15h15
Par Chris WALTON

On oublie souvent que Richard Wagner a été inspiré par ses contemporains. Chris Walton nous propose une conférence sur ces compositeurs suisses et le programme comprendra des lieder de Wagner (dont des

Hôtel Bedford

Lire la suite »

dimanche 13 décembre 2026
·
15h15
Par Jean-François PIOUD

Le Vaisseau fantôme (1964) de Joachim Herz, sous-titré « Film nach Wagner », occupe une place unique et rare dans l’histoire du cinéma lyrique, car considéré comme la première adaptation cinématographique presque

Hôtel Bedford

Lire la suite »

Rejoignez le Cercle

Conférences, spectacles, voyages et publications : adhérez et vivez votre saison wagnérienne.