Sergiu Celibidache (1912-1996) n’a jamais dirigé d’opéra pour des raisons qu’on rappellera, sans les approfondir dans ce contexte. Il a cependant dirigé de nombreuses fois, dès le commencement de sa carrière en 1945 et jusque dans les années 1990, des extraits symphoniques, ainsi que des extraits concertants avec voix, de différentes œuvres de Wagner, ce dont témoignent plusieurs documents audio et vidéo dont on présentera des extraits. Bien que le chef d’orchestre exprimât d’importantes réserves à l’égard de la personne du compositeur allemand et de son univers, ses réalisations manifestent une profonde et puissante affinité avec certains aspects décisifs de l’esthétique wagnérienne – comme cette conférence se propose de le montrer.
Conférences
Le wagnérisme dans le mouvement naturaliste et chez Alfred Bruneau, par Jean-Sébastien Macke
Rienzi, le grand opéra allemand selon Richard Wagner, par Yaël Heche
Richard Wagner signe avec Rienzi sa contribution au genre du grand opéra. Cette œuvre de jeunesse n’est pourtant pas qu’un travail d’imitation. Le compositeur ne se réfère pas ici qu’aux seuls ouvrages de Giacomo Meyerbeer, mais compile des modèles variés pour donner naissance à une partition unique: un grand opéra allemand. Acclamé en son siècle, aujourd’hui presque oublié, Rienzi demeure une étape essentielle dans le parcours de son auteur.
Cette conférence explorera la genèse de Rienzi et dévoilera quelques-uns de ses modèles, pour mieux mettre en lumière la voie singulière choisie par Wagner.
La musique dans les régimes totalitaires, par Ilyesse Hamra
« Comme un seul homme ? », compositeur et librettiste, de Wagner à aujourd’hui, par Dorian Astor
« L’idée de rendre possible en commun le drame parfait ne saurait actuellement venir à l’esprit de deux personnes […] Seul un individu isolé est capable, dans son impulsion intérieure, de transformer en lui l’amertume de cet aveu en une jouissance enivrante qui le pousse, avec le courage de l’ivresse, à entreprendre de réaliser l’impossible ; car lui seul est poussé par deux forces artistiques, auxquelles il ne peut résister, et par lesquelles il se laisse mener volontiers au sacrifice de soi-même. »
(Richard Wagner, Opéra et drame)
Face à ce qu’il estimait être la décadence et l’absence d’unité organique de l’opéra, sensibles en particulier dans la nature jugée dysfonctionnelle de la collaboration entre compositeur et librettiste, Wagner a décidé d’être lui-même le poète de ses drames musicaux.
