Pas de Ring sans le Prophète ? L’influence de Meyerbeer sur Wagner, par Matthias Brzoska

Publié le - 20h00Hôtel Bedford

La relation entre Wagner et Meyerbeer se déroule en trois phases : Pendant la première (1837-1841), Wagner se comprend admirateur et élève de son « cher maître admiré » Meyerbeer ; il essaye de copier les structures du grand opéra meyerbeerien, par exemple dans Rienzi. Pendant la seconde phase (1842-1850), Wagner est assez ambivalent ; il demande toujours du soutien à son maître, mais, dans des lettres à des tiers, exprime une certaine critique, voire aversion. Musicalement, il essaye de transformer le « grand opéra » en « opéra allemand » ; Lohengrin en est le meilleur exemple. L’expérience du Prophète, en 1850, le jette dans une crise personnelle ; ce n’est qu’alors qu’il attaque Meyerbeer ouvertement, notamment dans sa diatribe Das Judenthum in der Musik. Dans le même temps, il écrit ses théories réformatrices, et prend la décision de ne plus composer des opéras, mais de créer un nouveau genre, qu’il appellera le « drame musical ».

La conférence examinera les stades de cette évolution, et en analysera les œuvres correspondantes.

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Matthias Brzoska, professeur de musicologie à la Folkwang Universität, membre de l’Académie de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Officier des Palmes académiques, est connu en tant que spécialiste de l’opéra français. Sa thèse d’état portait sur « l’Idée du Gesamtkunstwerk en France ». Il est l’éditeur de l’édition critique du Prophète, et, outre des centaines d’articles sur l’opéra des XVIIIe au XXe siècles, a publié récemment une courte histoire de l’Opéra en 12 chapitres. Il est aussi co-auteur de la monumentale Histoire de l’opéra français, à paraître chez Fayard.