Gustave Fayet (1865-1925) semble avoir faite sienne la devise de la Revue Wagnérienne d’Édouard Dujardin : « Jouer du Wagner, […] c’est fonder dans notre pays une nouvelle école d’art »[1]. Très fortuné grâce à la gestion de ses domaines viticoles biterrois, il collectionne très tôt Gaughin, Van Gogh et Picasso. Mais il possède également des peintures et des pastels de Degas, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Renoir, Morisot, Signac, Bonnard, Vuillard et Matisse. Passionné de Berlioz, mais surtout de Wagner, il crée dès 1894, la Chambre musicale de Béziers où il montera Les Maîtres chanteurs et La Walkyrie au début du siècle.
Conférences
Assemblée générale ordinaire
L’influence des compositeurs zurichois sur les lieder de Wagner par Chris WALTON
On oublie souvent que Richard Wagner a été inspiré par ses contemporains. Chris Walton nous propose une conférence sur ces compositeurs suisses et le programme comprendra des lieder de Wagner (dont des mélodies de jeunesse que votre public n’a probablement jamais entendues en concert !), ainsi que des mélodies de Wilhelm Baumgartner, Theodor Kirchner et Johann Carl Eschmann, tous amis de Wagner durant ses années zurichoises.
Wagner en Allemagne de l’Est : Der fliegende Holländer de Joachim Herz par Jean-François PIOUD
Le Vaisseau fantôme (1964) de Joachim Herz, sous-titré « Film nach Wagner », occupe une place unique et rare dans l’histoire du cinéma lyrique, car considéré comme la première adaptation cinématographique presque intégrale d’un opéra de Wagner. Ce film, injustement oublié et quasi invisible aujourd’hui, mérite une attention critique particulière. Produit et réalisé dans le contexte de l’Allemagne de l’Est alors sous domination soviétique, à la croisée de l’opéra et du cinéma, il a influencé indirectement des productions théâtrales ultérieures. Mais il s’agissait aussi de reconnaitre (ou pas) la place de Wagner dans la culture de la République démocratique allemande (RDA). Avant la projection intégrale de ce film rarissime, dans une brève introduction nous examinerons le contexte politique et socioculturel de la RDA dans lequel se placent l’opéra (et donc de Wagner) et le cinéma. Puis nous analyserons brièvement le film en s’attardant sur le rôle de Senta et une mise en parallèle avec le cinéma expressionniste allemand.
Wagner, le judaïsme et les juifs par Patrick BRUN
Assurément, le sujet de cet exposé est pour le moins délicat mais il faut néanmoins pouvoir l’aborder avec sérénité et objectivité.
Ce n’est pas d’aujourd’hui que datent les critiques et les reproches adressés à Wagner concernant son antisémitisme ; mais c’est un fait que, depuis une trentaine d’années au moins, les accusations et les attaques contre Wagner ont redoublé d’intensité et de virulence.
Pour nous wagnériens il est donc essentiel d’avoir à notre disposition des faits et des arguments afin d’apporter un certain éclairage à cette situation et se faire une idée juste et équilibrée de ce rapport qu’entretenait Wagner avec le judaïsme d’une part et les Juifs d’autre part.
Oui, Wagner était antisémite, il l’a dit et il l’a écrit. En revanche il importe de savoir quelle était la nature de cet antisémitisme et aussi quelles étaient ses limites ; certains historiens comme Léon Poliakov distinguent en effet antisémitisme et antijudaïsme, ce dernier étant plutôt tourné vers l’aspect religieux et culturel ; de ce point de vue, on devrait dire que le « cas Wagner » relève plutôt de l’antijudaïsme.
