La victoire symbolique des femmes, par Alain Badiou

Publié le - 15h15Hôtel Bedford

Tous les opéras de Wagner, ou presque, contiennent une scène d’amour dont il est clair que le personnage féminin en dirige la conduite. Par ailleurs, dans plusieurs de ses œuvres les plus importantes, c’est une femme qui vient, à la fin, tirer la leçon à portée générale de ce qui nous a été précédemment conté. Je partirai de ces remarques factuelles pour proposer une vision complexe de la fonction symbolique des femmes dans les opéras de Wagner, comme, du reste, dans sa vie.

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Alain Badiou est né le 17 janvier 1937 à Rabat (Maroc). Son père est professeur agrégé de mathématiques, résistant devenu maire de Toulouse à la Libération et sa mère est également professeure agrégée de lettres. Il suit des études de philosophie à l’École normale supérieure, et sort premier de l’agrégation en 1960. C’est à l’ENS qu’il côtoie Althusser, Canguilhem ou encore Lacan. Il commence aussi à militer contre la guerre d’Algérie. Nommé professeur de philosophie à Reims, puis à l’Université expérimentale Paris VIII (Vincennes) dès sa création après Mai 68, il se lance avec détermination dans l’aventure maoïste qui va l’occuper jusqu’aux années 80. Pendant cette période, compagnon de route d’Antoine Vitez, il s’oriente plutôt vers l’écriture dramatique (entre autres la pièce L’Écharpe rouge). En 1988, il publie une somme philosophique L’Être et l’événement, qui sera complétée, en 2006, de sa suite Logiques des mondes. En 1999, il est nommé professeur à l’École Normale Supérieure, puis professeur émérite en 2004. Son œuvre est abondante et diverse, elle comprend des romans, des pièces de théâtre, des essais de philosophie (La République de Platon, en 2012), de politique (De quoi Sarkozy est-il le nom ?, en 2007), ou encore de mathématiques (Éloge des mathématiques, en 2015). Alain Badiou est une personnalité incontournable dans le paysage intellectuel français et bénéficie en outre d’une renommée internationale.