Le Ring 2022

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Ce sujet a 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour par  Anne HUGOT LE GOFF, il y a 3 semaines et 5 jours.

  • #2989

    Von Tronje
    Participant

    60 ans après mon Ring 1962 de Wolfgang !
    Plagions un peu.
    « Les débuts de ces notes remontent au beau milieu des semaines du dernier festival de Bayreuth…
    Quand on a une idée des visions qui avaient déjà traversé mon chemin, on peut deviner ce que je ressentis lorsqu’un un beau jour je me réveillais à Bayreuth.
    Je crus rêver…Où étais-je donc ? Je ne reconnaissais rien, je reconnaissais à peine Wagner.
    Que s’était-il passé ? —- on avait traduit Wagner » (en une mise en scène moderne !)
    « Pauvre Wagner ! Où était-il tombé ?  »

    De Bayreuth, Nietzsche, désabusé, partit se réfugier à Klingenbrunn.
    Moins radical, Je conseille, au pied de la Grüne Hügel pour les entractes une petite pièce d’eau calme et très fleurie propice à la nostalgie ; puis, les jours de repos, derrière la Wahnfried après avoir contourné la tombe des Wagner, le jardin royal où l’on peut rêver solitairement et s’interroger ?
    Pourquoi ces metteurs en scène paniquent-ils à l’idée de laisser un rideau fermé pendant un prélude ?
    Juste pour simplement écouter, Ils n’aiment pas la musique ?
    Pourquoi lors d’un moment crucial parasiter le chant par des gesticulations étrangères à l’œuvre ?
    Vous n’aimez pas le chant ?
    Pourquoi vouloir, à toute force, dater un mythe ?
    Vous n’aimez pas le récit ?
    Pourquoi faire n’importe quoi ?
    l’œuvre vous échappe-t-elle ?
    La majorité des spectateurs et certains directeurs, des chefs, des chanteurs, d’opéra et maintenant même la critique s’accordent .
    L’unanimité s’est faîte pour proclamer :
    « Mauvais ! Mauvais ! »
    « Ce que l’on doit le mieux prouver, c’est l’évidence qui saute aux yeux. Mais c’est tellement ennuyeux. ».
    JE rectifie ce n’est pas mauvais c’est exécrable.

    Pour les plus téméraires le Crépuscule 2022 est maintenant accessible sur internet. Passez au final.
    Vous y verrez Brunhilde vouloir s’asperger d’essence à l’aide d’un jerrycan qu’elle a oublié d’ouvrir, ce qui n’est pas grave car elle a aussi oublié son briquet perturbée qu’elle est par la mort de son cheval Grane qui l’accompagnât sous une forme humaine en son exil.

    La carcasse de la bête git à ses pieds mais la tête décapitée miraculeusement restée humaine préservée (bien qu’en état de décomposition avancée) dans un sac poubelle en plastique lui permet de jouer les Salomé, de l’embrasser frénétiquement avant de se coucher au côté de Siegfried pour, enfin, écouter les bizarreries l’orchestre.
    Je regrette de ne pas avoir eu le courage de quitter la salle comme des spectateurs (sur plusieurs rangées) l’ont fait lors de la première à Bayreuth.

    Cette tétralogie est reprogrammée pour 2023
    Je reviendrais… mais pas en 2023.

    Michel Claessens
    P.S.
    Je voulais continuer en apportant quelques éléments de réponse qui soulignent les différences d’approche entre le théâtre parlé et celui chanté de l’opéra et comment un bon metteur en scène de théâtre pouvait ne rien comprendre aux exigences d’un drame en musique.
    Ce soir un quart d’heure de Tcherniakov ne convainc qu’il est inutile de prêcher dans le désert.
    « Wie zu hemmen ein rollendes Rad ?

  • #2992

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Alexandre Dumas disait qu’on peut violer l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants.
    Le problème avec un certain nombre de metteurs en scène, c’est qu’ils violent le compositeur…. en lui faisant des enfants absolument hideux! A commencer par celui à qui je voue une haine militante alors qu’il est devenu très consensuel, Warlikovski et ses décors de bidets, qui hélas ne sont pas des Bidets bretons, ou des Bidets d’allure, mais d’authentiques porcelaines.
    Cela dit, je pense que le bon goût n’est pas une exigence absolue; la seule exigence absolue est de ne pas trahir le dessein du compositeur et de son librettiste. J’ai un exemple tout récent avec cette Salomé scandaleuse qui nous a valu moults messages de l’Opéra nous disant que, si on était une personne sensible, il valait mieux s’abstenir…. que j’ai vue hier. Alors oui, il y a des moments très crus… mais ni Wilde ni Strauss n’ont été trahis, la metteur en scène nous donne plutôt à voir un prolongement de l’oeuvre que la bienséance de la fin du siècle empêchait évidemment de montrer, et propose une très belle fin qui donne à réfléchir et explicite les paroles de Salomé, « si tu m’avais regardée tu m’aurais aimé »
    Il n’y a donc pas de règle: on peut aller très loin si on est intelligent, et respectueux, et si on apporte un petit brin de compréhension de l’oeuvre en plus.

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