Lohengrin à Bastille, janvier 2017

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Ce sujet a 7 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Von Tronje, il y a 6 mois et 3 semaines.

  • #1339

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Il est là, et bien là ! Qui ? Notre chéri, notre Jonas. Il est là –ou presque. On y reviendra.
    Par ailleurs, c’est l’hécatombe. Deux des chanteurs –dont Martina Serafin ! sont au fond de leur lit.
    Cette mise en scène de Claus Guth, homme fort recherché actuellement –il est partout- et qui ne dédaigne pas la provocation, je l’avais déjà vue à la Scala. Enfin ! à la télévision…. Je crois que je l’ai encore plus aimée aujourd’hui, elle m’a éblouie par son intelligence. Vive la provocation –quand elle est constructive, et non gratuite comme chez certains (genre : Warlikowski à l’égard de qui vous connaissez ma haine militante….)
    Quelques mots sur les décors. La scène est enserrée par des bâtiments sur trois étages bordés de terrasses (genre motel, mais en mieux et en beau bois…). Les figurants, le chœur (magnifique) y prennent place. Au milieu, au cours du premier acte, le bureau où Telramund reçoit le roi Heinrich, et un arbre mangé de lierre. Au troisième…. On y reviendra.
    La mise en scène s’interroge, donc, sur QUI est Lohengrin. Parce qu’enfin, il n’est pas arrivé de Montsalvat sur son cheval blanc, flamberge au vent, tagada tagada voilà les Dalton. Non, il arrive… tiré par un cygne. Le voyage Montsalvat /Brabant en cygne, je vous raconte pas. Autrement dit : Lohengrin vient de nulle part. Du domaine du rêve. C’est un envoyé du paradis (mais pas une mascotte mes amis). Un extra terrestre. On pense tout de suite à ces films de science fiction où l’extra terrestre est déposé sur terre dans un cocon, qui va éclore. C’est ça : Lohengrin arrive dans son cocon, en position fœtale. Il a du mal à se déplier, comme un oiseau sortant de son œuf. Ensuite, il va avoir du mal à trouver sa place sur terre. Il vient accomplir un miracle : on lui demande de se transformer en roi, en chef de guerre. Non, il n’est pas à sa place. Maintenant, Kaufmann n’en fait il pas un peu trop dans le genre égaré ? On peut le penser….
    Et la fin se déroule logiquement dans un marécage, là où Elsa est censée avoir « perdu » son frère. Lieu de la sorcellerie d’Ortrud, lieu du miracle, l’enfant va réapparaître et Lohengrin se recroqueville dans le cocon qui va l’emmener.
    Tout cela est intelligent, tout cela est magnifique.
    Parlons chant, maintenant. Je ne connais pas Martina Serafin. Je ne sais donc pas ce que j’ai perdu. Mais je sais, hélas, ce que j’ai gagné. Edith Haller, voix acide voire criarde et souvent à la limite de la justesse…. Pas de medium…. Elle n’est pas nulle, mais sûrement pas au niveau de cette production. Surtout qu’en face d’elle, elle a la formidable Ortrud d’Evelyn Herlitzius. Je pense que c’est la première fois que cette grande wagnérienne, grande straussienne chante à Paris ? Il était temps ! Voix d’airain, présence scénique, silhouette de jeune fille (gâtée en plus par le costumier qui a conçu pour elle de merveilleuses robes noires ! -en effet, les vêtements sont plutôt signés années 1880/1900; je remarque que cette période se pratique beaucoup dans les mises en scène d’opéra, sans doute parce que c’est celle où l »ordre moral » a été le plus prégnant !- mais elle porte aussi avec chic la culotte de cheval dans le deuxième acte où manifestement l’idée de vengeance ranime la sexualité du couple maléfique) Herlitzius est la grand triomphatrice de la soirée.
    Son Telramund (Tomasz Konieczny) est très bien, René Pape, c’est la classe comme d’habitude et le rôle ingrat du héraut est bien chanté aussi par Egils Silins.
    Reste maintenant le héros du jour, celui qu’on attendait tous, Jonas Kaufmann. Son chant est admirable, son phrasé, son sens des nuances…. Dans le récit du Graal (comme à la Scala, je m’en souviens bien) il commence très doucement, très lentement, sur le souffle, pour éclater en puissance: Sein Ritter ich, bin Lohengrin genannt…. Sublime.
    Il n’empêche que nous avons l’impression de Kaufmann ne se livre jamais complètement. Qu’il se préserve. A-t-il encore des doutes sur sa santé vocale ? Ce n’est plus tout à fait celui que nous avons connu, du temps de Werther par exemple. La beauté de la voix et la technique parfaites sont toujours là. Mais….
    Pour en revenir à la mise en scène: elle convient merveilleusement à notre Jonas. Mais qu’en sera t-il de la deuxième distribution avec Stuart Skelton? Damien Colas nous a dit qu’il le considérait comme un des tout meilleurs de l’époque, au moment même où (hou la mauvaise!) je lui reconnaissais beaucoup de raffinement et de subtilité dans son interprétation de Tristan, mais critiquais son physique difficile…. genre Ron Perlman, Salvatore le dolcinien du Nom de la Rose…. Comment se tirera t-il de la position foetale? J’attends le jugement des amis qui verront cette seconde distribution….
    Enfin bref : c’est ma meilleure soirée d’opéra depuis longtemps !!

  • #1403

    Sénélar
    Participant

    Merci Anne pour ce compte rendu vraiment intéressant.

    J’hésite souvent à intervenir car je me sens tellement ignorante par rapport à la plupart des membres du Cercle. Mais pour Lohengrin qui est mon opéra préféré, qui a provoqué chez la fille de 16 ans que j’étais un émerveillement qui m’a poussée à m’intéresser à Wagner, je me dis, tant pis, je me lance.

    Le Lohengrin que j’ai vu hier m’a intéressée, j’ai été emportée par la musique, par la voix de Jonas Kaufmann dont je suis une fidèle admiratrice , mais l »émerveillement n’était pas au rendez-vous.
    Est-ce notre époque, particulièrement dépressive, qui ne veut plus montrer que des anti-héros ? Je pense, tout comme vous, que Jonas Kauffmann en faisait trop, qu’il était plus souvent par terre que debout. Lohengrin, qu’on le considère comme un rêve immatériel, comme un artiste incompris ou un chevalier est un être lumineux. Il s’est en quelque sorte imbibé de la lumière et de la force du Graal. Il ne doute pas de sa mission. Hier, il n’était qu’un pauvre être complètement perdu et dépressif. Pas étonnant qu’avec un « Held » pareil Elsa se pose des questions. C’est ce que j’ai ressenti, même si mon opinion est primaire,

    Je vous trouve un peu sévère avec Edith Haller qui a été hier à mon avis une Elsa plus que correcte. J’ai beaucoup apprécié le jeu d’Evelyn Herlitzius, la maléfique Ortrud. Par contre je ne sais pas si j’aurais autant aimé son interprétation en disque car par moments j’ai trouvé que sa voix manquait de profondeur. Mais son jeu et sa présence en faisaient une Ortrud magnifique. Quant à Jonas Kaufmann, je ne peux qu’être d’accord avec vous en ce qui concerne la performance vocale et son récit du Graal, en particulier, est sublime.

    Je suis vraiment curieuse d’avoir l’opinion d’autres membres du Cercle. J’attends avec impatience !

    • #1408

      Anne HUGOT LE GOFF
      Modérateur

      Merci d’avoir enfin amorcé ce forum!
      Tout d’abord n’ayez pas de « complexe » vis à vis de votre « ignorance ». Le forum est fait justement pour que tout le monde puisse s’exprimer, et je suis moi même des plus ignorantes face aux éminents membres de notre Comité…. ou face à certains de nos adhérents. Je n’ai aucune formation en musicologie et c’est pourquoi je me garde bien de donner des appréciations musicales. Je me concentre plutôt sur les mises en scène, les interprétation, tout ce qui est accessible à un béotien….
      Mon histoire avec Lohengrin est bien plus vieille que la vôtre…. mon père avait beaucoup de disques de musique symphonique, tout Beethoven, César Franck…. mais pas de lyrique, à part des extraits de Cavaleria Rusticana (qui reste donc cher à mon coeur) et deux 78 tours, l’un de Lily Pons (Lakmé, Lucie de Lamermoor….) qui vous écorchait plutôt les oreilles (mais Maman trouvait cela magnifique), et un de Georges Thill. Sur une face, le grand air d’Alceste « Bannies la crainte, ééét les alaarmes »… (Depuis je vais toujours voir Alceste quand c’est donné à l’Opéra) et de l’autre Le récit du Graal….. en français naturellement, car le grand Georges n’a quasiment jamais voulu utiliser une autre langue que sa maternelle, ce qui lui a coûté une véritable grande carrière internationale! Et pour moi, le Graal ce n’est pas « In Fernem land », mais « Aux bords sacrés, dont nul mortel n’approche, il est un burg, qu’on nomme de Montsalvat…etc » Bref, cette expérience d’une petite fille est restée imprégnée!
      Quant à votre interprétation de la mise en scène, je la comprends, mais personnellement je trouve que l’approche de Claus Guth est extrêmement intéressante et même passionnante. Oui, Lohengrin est un être de lumière mais justement: au milieu de la minable humanité, avec ses ambitions mesquines, sa méchanceté -il ne trouve pas sa place. Je me souviens d’une mise en scène très ancienne, à Garnier probablement, pas terrible, mais où Lohengrin apparaissait dans une sorte d’univers paradisiaque, exubérant, à la douanier Rousseau, alors que les humains vivaient au milieu de dépôts d’ordures, un peu la même idée mais exprimée de façon beaucoup plus grossière.
      Lohengrin, ici, c’est E.T. et finalement il comprend que sa seule possibilité c’est, « E.T. rentrer maison »…. Vue pessimiste de l’humanité (avec naturellement au centre Wagner qui jouait les incompris…): quand un être de lumière veut aider l’humanité, il n’y trouve pas sa place
      Continuez à écrire, et nos amis qui auront vu la deuxième distribution vont, j’espère, se manifester aussi…

  • #1500

    Von Tronje
    Participant

    Bonjour,
    J‘étais de la seconde distribution donc de cette même mise en scène qui s’interroge sur :
    qui est Lohengrin ? Ecrivez-vous.
    Suivez donc Wagner lui-même : Nie sollst du…befragen,
    d’où il vient ? : noch… voher [er] kam der Farht !
    Il est d’autre part, d’un autre monde nous suggère notre consoeur du Cercle, elle a raison, partageons le rêve d’Elsa,
    c’est une histoire et on dit que…
    Vouloir trop ancrer Lohengrin dans le réel me paraît trivial.
    Par exemple, Acte III
    La cérémonie du mariage a été longue, arrivé nu-pieds, les escarpins vernis ont été durs à supporter lors de la messe et se rafraîchir les pieds dans le marais un acte tout à fait rationnel (si l’on n’a pas peur des sangsues), mais tout ce que l’on peut se permettre dans la vie privée demande de la discrétion, sauf si l’action théâtrale le commande. Qu’est-ce que cela apporte à l’oeuvre ?
    De plus, un pied… ! , à part s’appeler Camille Claudel, quel intérêt ?

    J’ai relu votre èmel, et … je dois être blasé, où est la provocation ?
    Dans le regain de libido d’Ortrud/Telramund ?
    A l’heure d’internet un enfant d’une douzaine d’années serait surpris de voir un couple –maléfique- se contenter d’une position dont même un missionnaire ne trouverait rien à redire !!!

    Notez, je ne suis pas hostile à toute nouveauté, une qui m’a le plus interpelée par exemple est celle de la Traviata de La Scala où tout le jeu de scène dans le finale fait qu’Alfredo se dérobe constamment, (aucune contradiction avec le livret, ni avec la musique) et que Violetta meurt seule, dans son coin,
    Ce qui est d’autant plus horrible et poignant. – le père et le fils retourneront dans leur famille et cette erreur restera une erreur de jeunesse.
    Cette vision change radicalement le sens admis de l’œuvre et Verdi en sort grandi.
    Le public ne s’y est pas trompé qui a sifflé copieusement le ténor qui n’avait pourtant pas démérité.
    Plus de bonne conscience possible, la traviata reste une traviata et Alfredo un fils de famille qui l’a échappé belle.

    Vos deux mails me laissent entendre que le ténor ne s’est peut-être pas livré complètement, que l’émerveillement n’était pas au rendez-vous ?
    La voix et l’art sont des alchimies complexes c’est peut-être la salle qui n’était pas bonne pour une communion : cela se devine parfois à une certaine qualité de silence, cela peut être aussi lié à un statut de « divo » ;
    si vous supportez ma prose, je vous exposerai mes certitudes et mes doutes quant aux divi, après tout j’ai vu et entendu Mado Robin et son contre-sol dans Lakmé, Krauss et son contre-fa dans les Puritains, Pavarotti à ses débuts avec Sutherland, pour ce qui est de la performance vocale, pour l’opéra. Mödl, Varnay, Hotter, pour Wagner car je persiste à penser que Wagner c’est autre chose que de l’opéra.
    Et j’ai aussi vu des artistes qui n’avaient pratiquement plus rien qu’une présence telle que la salle était bouleversée.
    Je ne voudrais paraître trop critique et vous dire je partage votre admiration pour Georges Thill.
    (j’ai les mêmes 78T).
    Une ou deux remarques cependant
    Même si il avait voulu chanter autrement qu’en français, à l’époque tout était donné en français.
    Pour mon premier Lohengrin à Garnier, les chœurs, le Hérault chantaient en français, les artistes invités (Knappertsbusch, Konya) Crespin et Rita Gorr en Allemand
    Mon deuxième était entièrement en français dans la version Nuitter !

    Le snobisme étant, plus tard, les Vêpres Siciliennes et Don Carlos écrits en français seront donnés en italien (avec sur-titrages retraduits de l’italien ?)
    Thill a aussi chanté au Covent-Garden, Vérone, Buenos-Aires, Barcelone, Rio, en Allemagne, au Japon.

    Il faut que j’abrège sinon je vais être aussi long que Wagner mais j’espère plus clair car sa prose est compliquée (il faut bien un défaut).

    Encore un point, dans le programme de Lohengrin il y a un portrait de Wagner jeune, avec des yeux marrons !, vieillissement des pigments ? Le peintre était à la frontière hollandaise (Dusseldorf), Wagner faisait la navette Berlin/Dresde à l’autre bout des états allemands pour la création de son Rienzi. Il était, déjà, poursuivi par des créanciers, il aurait fait faire un portrait ? Je n’ai pas trouvé de mention dans Mein Leben, ni dans Die Bildnisse Richard Wagner de Martin Geck, ni dans le Gregor-Dellin. Je ne trouve aucune ressemblance (sic), quelqu’un peut-il confirmer ou infirmer ?

    • #1505

      Anne HUGOT LE GOFF
      Modérateur

      Ttout d’abord, désolés pour le délai avec lequel votre contribution à été publiée…..Cela est du à des problèmes de connexion du modérateur actuellement dans les Alpes….
      En tous cas, merci pour ce texte qui témoigne d’une impressionnante culture. Waouh! J’aimerais beaucoup en avoir autant….
      Alors, provocation ou pas? Pour moi, cela ne veut pas dire grand chose. Il y a des bonnes ou des mauvaises mises en scène, c’est tout. Une bonne mise en scene nous donne a voir….. quelque chose qui existe, mais qu’on a oubliée, enfouie sous la routine. Quand Mikael Haneke transpose le monde des paysans dans celui des techniciens de surface, il fait revivre l’extraordinaire gap social qui existait au temps de don Juan (ou de Molière) entre un grand seigneur et un bouseux, que de multiples mises en scène avec moutons à nœud-noeud et bergères en dentelles ont occulte. En cela, il nous redonne à voir le vrai don Juan -et l’étendue de son ignominie.
      La qu’est ce que Claus Guth montre? Eh bien, il me semble que Wagner propose avant tout des héros inadaptés. Siegfried et Parsifal sont des petites brutes mal dégrossies qui débarquent dans un monde police; de même Walther débarque dans ce monde des maîtres chanteurs dont il n’a pas les codes; ne parlons pas du Hollandais qui n’a plus sa place sur la terre ferme…. Eh bien, juste à l’opposé de papa-Parsifal, Lohengrin vient de l’univers de la pureté, de l’idéal, du bien, et il atterrit dans une société de salopards ou il se sent très mal….. Voilà ce que montre Guth que je trouve intéressant.
      En ce qui concerne Kaufmann, oh si, l’émerveillement était au rendez vous!! J’ai simplement dit qu’il me semblait se livrer moins que par le passé, ce qui voudrait dire qu’il n’est pas totalement sur du rétablissement de sa voix, mais c’était magnifique! Et j’aurais beaucoup aimé avoir votre avis sur la performance de Skelton, belle voix élégante mais, acteur…….
      En tous cas, s’il vous plaît, continuez à écrire ! Continuez!!! Lancez des sujets!…

      • Cette réponse a été modifiée le il y a 6 mois et 4 semaines par  Anne HUGOT LE GOFF.
  • #1507

    Von Tronje
    Participant

    Je vous remercie de l’intérêt que vous semblez avoir pour l’avis que je pourrais porter sur la performance du ténor, mais je crains de vous décevoir, nous avons des conceptions différentes de l’action théâtrale.
    J’étais un wagnérien pur et dur tel que Nietzsche les décrit, et lorsque je me suis rendu à Bayreuth la première fois, j’ignorais même le nom des artistes, je suivais Lavignac pour un pèlerinage : quand on va à la messe qu’importe l’officiant ! Mais quand les sermons deviennent une oeuvre littéraire, le sacré disparaît et l’on change de dimension. (toute aussi digne d’attention).
    C’est la différence, ténue, qui nous sépare peut-être, vous allez entendre Kaufmann dans Lohengrin, je vais entendre Lohengrin interprété par…

    Cela est un élément de réponse à votre question pourquoi pas de divas chez Wagner : l’oeuvre prime.
    Je vous rassure, j’adore aussi les divas mais dans Sémiramis, Norma, les Huguenots (si, si) bref dans l’opéra.
    Et puis l’assurance d’une voix magnifique c’est un gage d’une soirée inoubliable.
    Disons que c’est le dépit de n’avoir pas eu de place pour Kaufmann qui me fait écrire.

    Revenons à notre distribution, globalement très bonne. Je suis d’accord avec madame Sénélar, je n’ai pas remarqué de défaillance chez Elsa.
    Il peut y avoir des soirées inégales, si vous continuez à m’encourager, je vous raconterais comment à une époque en écrivant directement  au Kartenbüro et en m’aidant d’un allemand plus qu’approximatif, j’ai eu deux Vaisseaux, deux Tannhäuser et deux Parsifal. Six soirées ! Dans des distributions identiques mais des interprétations totalement différentes (vocalement).
    Je verrais Lohengrin plus en Siegmund ou Samson, l’allègement de la voix au début de Mein lieber Schwan
    amène une légère difficulté  à reprendre un placement normal.
    Vous vous inquiétiez sur la sortie de la position fœtale de Lohengrin, je n’ai rien vu, je n’ai pas vu de physique difficile, la voix transmue tout.
    Un petit plus pour Heinrich de Vogler dans un rôle plus statique il est vrai.
    Ortrud rivalisait avec mon souvenir de Rita Gorr
    Le prélude du premier acte, magnifique, après j’ai regretté que l’orchestre ne soit pas couvert, d’autant que j’avais les thébaines dirigées droit vers moi !

    Bref ! On a fait du « Wagner » avec un grand succès.

    Ce fut une belle soirée.

    Je vous répondrais dans un autre billet sur ma conception de la mise en scène.
    Il me faut du temps pour rassembler tous mes griefs et je ne veux pas vous lasser.

  • #1512

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Alors une petite question sur le Ring:
    À Aix en Provence Stéphane Braunschweig il y a une dizaine d’années. Pas de contresens mais pas de souvenirs marquants
    À Bastille il y a cinq ans. Des effets spectaculaires, sans doute plus de forme que de fond
    Il y a plus longtemps au TCE ou au Châtelet, je ne sais plus, Bob Wilson, elle m’avait extrêmement énervée celle la car Bob avait collé tous ses tics de mise en scène, les acteurs déambulant de profil, les mains comme sur les stèles égyptienne, sans plus chercher à entrer dans Wagner….
    Enfin les mises en scène historiques, que je n’ai vues que sur écran, Chereau bien sur mais aussi Kupfer….
    Parmi toutes celles là il y en a une que je chéris….. Et vous???

  • #1526

    Von Tronje
    Participant

    Une petite réponse : de tous les ouvrages wagnériens que j’ai pu voir sur scène
    le metteur en scène qui domine à mon sens tous les autres est Wieland Wagner.
    J’ai vu son Tristan en 1965 et Tannhäuser en 1968 (génial).
    Pour les tétralogies mon choix va vers le Ring de 1962 de Wolfgang Wagner
    (on a dit qu’il avait été influencé par son frère, je ne sais)
    Au disque celui qui me parait le plus homogène et le mieux chanté est celui dirigé par Clemens Krauss en 1953
    Avec des artistes que j’ai entendu sur scène Varnay, Windgassen, Hotter, Neidlinger, Greindl,
    Ce qui me rend injuste envers tous ceux que je n’ai pas vu, et il y en a des dizaines.

    Le Ring de Solti/Decca n’est pas complet, il y a une réplique tronquée, je vous met sur la voie
    et vous laisse chercher : c’est dans le Crépuscule (1ère édition vinyl)

    J’aimerais que d’autres membres du Cercle se manifestent, Je fini par avoir l’impression de : « Mit mir nur rat ich,
    Red ich zu dir. »

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