Tannhauser en français

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Ce sujet a 5 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Anne HUGOT LE GOFF, il y a 1 jour et 4 heures.

  • #2471

    Von Tronje
    Participant

    Rectification.
    Erreur de l’intervenant !
    La diffusion de Tannhauser dans la version française Nuitter /Wagner n’est pas prévue sur Arte mais sur FR3 le 28 vers minuit ou le 29 de 0h20 à 03h25.
    Pour ceux qui souhaiteraient, vue l’heure tardive, enregistrer comptez large pour les horaires !

    Quelques beaux tableaux (à mon sens) et pour être quand même « moderne » quelques inepties (peu) qui permettent de ne pas considérer cette représentation comme un simple restitution de l’œuvre originale.
    et cela reste très intéressant.

    avec
    Cura/Kremer/Lapointe/Extrémo
    Direction Nathalie stutzmann
    Mise en scène J.-L. Grinda

  • #2488

    Von Tronje
    Participant

    Wagner ne voulait pas d‘un ballet.

    Imposé par la direction, placé au premier acte, il entrainât le scandale et la chute que l’on sait.
    Dans cette résurrection après plus de 80 ans d’absence ce ballet, attendu, est supprimé visuellement !
    Remplacé par une gestuelle en adéquation avec une image façon fumerie d’opium.
    Seulement… Une longue ouverture suivie d’une longue scène avec des chanteurs muets…
    Wagner avait raison et ce ballet reste un problème, même si le metteur en scène a déployé des trésors d’ingéniosité pour rendre ces longueurs supportables sans les danseurs classiques qui l’auraient daté par leur style.

    Pour une fois les projections se justifient en réinsérant l’œuvre dans le présent, en évitant le coté exhumation muséale, en rendant la version française contemporaine et, surtout, viable.
    De même ce que j’avais trouvé inepte (le suicide de l’héroïne) et qui peut être une façon de matérialiser le martyre que s’inflige Elisabeth pour un public peu au fait de la religion chrétienne.

    Là, je me force, je pense que les spectateurs (en plus wagnériens !) ont une certaine culture et que cette fin est totalement inadéquate alors que je peux supporter de voir Wolfram qui a tout perdu suivre les nymphes de Vénus.
    Respecter les didascalies, comme le propose notre adhérente ?
    Difficile d’autant que Wagner les a changées.
    Dans le journal de Cosima il évoque le ballet, en fait une nouvelle description, plus corsée, voudrait des petits anges nus se roulant par terre pendant qu’Eros décocherait ses flèches sur des bacchantes échevelées.
    Avec l’intervention de Py lors de sa mise en scène de Lohengrin j’ai cru comprendre que Wagner était déjà responsable de la seconde guerre mondiale alors n’en ajoutons pas !

    J’ai aimé les acteurs qui ne se contentent pas de chanter leur parttion mais qui continuent de jouer lors des interventions de leurs partenaires.

    Hasard du calendrier : diffusion du Tannhäuser de Bayreuth ! J’avoue, j’ai décroché ! et n’ai fait qu’écouter.
    Je laisse donc les commentaires aux chanceux qui après des années et des années d’attente ont enfin décroché leur place (!)

    Suite à face-book (Jésus de nazareth)
    La traduction des livrets et des esquisses d’opéra non aboutis (14 en tout) fait l’objet d’un livre :
    Les Opéras imaginaires
    Philippe Godefroid
    Librairie Séguier/Archimbaud
    Mon exemplaire date de 1989, je ne sais pas si il y-a-eu des rééditions, à rechercher sur le net ?

  • #2499

    Von Tronje
    Participant

    Notez que ce livre est maintenant disponible avant les conférences.

    Berlioz/Wagner

    Ne me reposez pas la question : « pourquoi n‘êtes-vous pas intervenu après la conférence ? ».
    Timoré ; je craignais d’être voué aux gémonies : oui, Berlioz est un musicien, oui, Wagner ne l’est pas !
    Tous le proclament. Schopenhauer le voit seulement poète,
    Nietzsche (lui qui aurait voulu être musicien) ne voit en lui qu’un dilettante !
    Le censeur ou plutôt, la censeuse, (pour être de notre époque) de notre Cercle,
    [notez que je ne saurais comment ‘planter’ la rectrice d’académie si la situation se présentait]
    voit en lui un type peu sympathique !

    Tous ? Sauf un : Von Tronje : « Ce n’est pas un musicien » ? Et alors ?
    « C’est un sale type » ? Et alors ?

    Ce que je sais : c’est qu’après le Crépuscule des Dieux dirigé par Gergiev, 2400 personnes sont restées silencieuses pendant de très, très longues secondes avant d’exprimer leur enthousiasme.
    Ce silence seuls ceux qui savent, ceux qui ressentent ce que peut-être l’Art, peuvent le comprendre.
    On ne peut expliquer l’ineffable.
    Par sa gestuelle, notre conférencière a pu faire pressentir la différence entre Berlioz et Wagner.
    Les deux sont admirables, l’un pour l’opéra dans sa filiation avec Gluck, l’autre dans une autre dimension !

    C‘est vrai aussi que Berlioz était présent dans la pensée de Wagner (60 références dans le journal de Cosima). Il a même envisagé de revoir les œuvre de Berlioz, (lundi 4 novembre 1872), d’y supprimer les éléments grotesques, et bref de le sauver pour la postérité « car c’en est maintenant fini, les Français ne le jouent plus, ils préfèrent jouer Lachner, Raff, Schuman, mais Berlioz est quand même beaucoup plus important ».

    Laissons cette conclusion à Wagner.

    P.S. Un espoir, on rejoue Berlioz !

  • #2502

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Personnellement…. je place Wagner infiniment plus haut que Berlioz, qui ne m’intéresse que modérément….. et dont je connais mal la personnalité. Wagner est un génie (même s’il n’était pas sympathique, LOL…..), Berlioz est un musicien (ce qui est déjà pas mal!!!), et je ne sais pas s’il était sympathique. Ce qui est sûr c’est qu’il avait aussi des avis bien tranchés, mais c’est quelque chose que je ne reprocherais à personne, étant moi même coutumière des avis définitifs….
    Oui, on reste muet et incapable de réagir après la fin du Crépuscule ou la mort d’Isolde. Le même phénomène se produit il à la fin des Troyens? Pas pour moi en tous cas. Il est vrai que certaines mises en scène guignolesques n’incitent pas au recueillement…

  • #2503

    Von Tronje
    Participant

    Lorsque Berlioz dans le Journal des Débats du 9/2/1860 rédige sa critique :
    Concerts de M. Richard Wagner- La musique de l’avenir

    Il écrit : « …. Je crois que l’effet serait plus extraordinaire encore si l’auteur eût évité les conflits de sons comme ceux qu’on a à subir dans la seconde phrase, où le quatrième renversement de l’accord de seconde majeur et le retard de la quinte par la sixte produit des dissonances doubles que beaucoup de gens (et je suis du nombre) ne peuvent ici supporter ».
    C’est cela qui me fait dire que Berlioz est un musicien : il dissèque la partition.

    Lorsque Wagner lui répond dans le même journal le 22/2/1860
    « Ma pensée va un peu plus loin ; et d’ailleurs n’étant pas théoricien de ma nature, je devais abandonner à d’autres le soin d’agiter ce sujet, ainsi que la question puérile de savoir s’il est permis ou non de faire du néologisme en matière d’harmonie ou de mélodie ».
    Il parle d’Eschyle, du drame.
    C’est cela qui me fait dire que Wagner est dans une autre dimension.

    Il a quand même apprécié Berlioz.
    Le 14/1/1882 après que Rubinstein ait joué des extraits de l’arrangement de l’ouverture de Tannhaüser au piano,
    « il nous dit (Wagner) qu’un aspect de la première partie d’Harold en Italie l’a influencé. »
    A l’exposition agricole du 1/6/1878, « un coq avec sa magnifique perruque le fait penser à Berlioz par la nervosité de ses mouvements, celle toute emmêlée, d’un autre lui rappelle la chevelure embroussaillée de Beethoven. »
    Quand on connait l’admiration de Wagner pour Beethoven il ne semble pas y avoir là de malveillance mais plutôt un ressenti du comportement de Berlioz.

    Que vous ayez des avis bien tranchés et une formulation un peu abrupte qui m’ont parfois désarçonné, je vous le concède.
    Mais de grâce, pas définitifs, vous vous priveriez de maints chefs-d’œuvre.

    car vous soulevez à juste titre le problème des mises en scène des ouvrages peu joués ou peu connus qui peuvent massacrer une œuvre.
    Encore que même pour les plus célèbres… !!
    J’ai lu qu’un metteur en scène a fait suivre les déplacements sur scène des chanteurs par une personne traduisant en langage des signes le livret !
    Les ouvrages étant maintenant sur-titrés cela suppose à tout le moins une redondance dont le sens m’échappe !
    (mais faut-il croire tout ce qui s’écrit sur la toile ?)

    Je vais ressortir mes enregistrements des Troyens, laissez-moi un peu de temps pour vous répondre.
    Déjà, sans attendre, tout l’acte cinq est remarquable, (celui avec le final où retentit la marche troyenne.)

  • #2505

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Je n’ai pas les connaissances musicologiques de mes distingués amis du Cercle Wagner…. Aussi je réagis toujours d’une façon sensitive, comme devant un paysage ou un tableau, Pour moi l’opéra est le spectacle total et parfait par excellence. Je sais que je réagis donc de façon parfaitement irraisonnée; je trouverai toujours qu’un ténor empoté ou une cantatrice bouffie chantent mal…. même si les vrais connaisseurs trouvent qu’ils chantent très bien….

  • #2506

    Von Tronje
    Participant

    (En attente de modération)

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