Une journée de conférences à Lyon, le 25 novembre

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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Anne HUGOT LE GOFF, il y a 2 semaines et 4 jours.

  • #2189

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    La disparition d’Henri Périer, qui organisait ces journées, n’a pas permis de les structurer, comme de coutume, autour d’un thème.
    Ce sont donc quatre conférences sur des sujets divers, toutes instructives, qui nous sont proposées.
    Bernard Reydellet a pour thème : Les opéras de Wagner présentés sous l’angle du dualisme. Mais oui, la dualité est omniprésente chez Wagner ! Il y a la femme, salvatrice, en face de l’homme, destructeur. Il y a, dans Tristan, l’opposition lumière /ténèbres ; Tristan étant en lui-même, d’ailleurs, (comme Kundry), un personnage dual, partagé entre sa pulsion de mort et son sens du devoir. Il y a le pouvoir égoïste et destructeur de Wotan en face de la préservation des forces de la nature incarnée par Erda.
    Jacques Barioz passe en revue la présence française aux festivals de Bayreuth. Siegfried Wagner ayant signé en 1914 une motion de soutien à la guerre, les Français n’ont pas du tout envie de revenir sur ses terres…. Jacques de Lacretelle, présent en 1937, souligne qu’il ne rencontre pas de compatriotes. 1930 est l’année de la venue du premier chef non germanophone à Bayreuth, Toscanini, qui détiendra le record de la durée pour Parsifal (une heure de plus que Boulez…). A partir de 1933, l’ombre de Hitler pèse de plus (et de plus en plus) sur Bayreuth. Son ombre fait concurrence à Wagner ! En venant y chanter, Germaine Lubin ruinera la suite de sa carrière. Durant la guerre, le festival se poursuivra, réservé aux soldats et personnes méritantes…
    Le festival rouvre en 1951, et dès 1952, Alain Badiou y accompagne son père et est enthousiasmé par les mises en scène de Wieland Wagner. En 1957, Claude Samuel y emmène ses JMF. Pierre Devraigne est un participant régulier, il y remettra la légion d’Honneur à Knapperbutsch. Les critiques musicaux se battent au sujet de la modernisation des mises en scène : Bernard Gavotty est contre, Antoine Golea est pour ! Avant Boulez, André Cluytens est le premier chef français invité. Il y aura, évidemment, Patrice Chéreau, avec son assistant Nicolas Joël. Régine Crespin, Ernest Blanc y chanteront…. Les politiques, maintenant, s’y pressent, Paul Reynaud, André-François Poncet, mais aussi les intellectuels comme Barthes et Foucauld….
    Travail de romain poursuivi par Michel Casse, président du Cercle de Bordeaux, qui a remonté la généalogie de Wagner, sur cinq générations !! C’est une succession de vies difficiles (même si dans le cousinage on trouve un maître à danser des enfants du Prince de Saxe…) ; beaucoup d‘enfants meurent en bas-âge ; certains de la peste ! ils sont organistes, maîtres d’école ou sacristains, tous en Saxe et dans la proximité de Leipzig. On a retrouvé les contrats de l’arrière grand-père, Samuel Wagner, qui permettent de comprendre ce que faisait un « maître d’école, cantor et organiste » : graisser la cloche, régler l’horloge, faire le ménage évidemment : pour un baptême, une écuelle de sel ; pour des obsèques, 12 guldens et un pain…. Gottlob, le grand père, va quand même quelque temps à l’université et obtient un poste de receveur à l’octroi. C’est dans la génération du père de Richard que la famille accède à une certaine bourgeoisie. L’ »oncle Adolf » est un véritable intello ! Il étudie la philosophie, se lie d’amitié avec Schiller, puis Hoffmann. Il écrit, en particulier sur les poètes italiens, fait des traductions. Son frère Karl Friedrich fait des études universitaires de droit, obtient une charge de notariat ; il aime l’art, la littérature mais surtout le théâtre. Avec la belle Johanna, il aura neuf enfants, dont Richard est le dernier. Celui-ci veut croire que sa jolie maman a fait des études dans un bon pensionnat grâce à la générosité paternelle d’un prince de Weimar. En fait, il était plutôt son protecteur… Mais Karl Friedrich décède prématurément en 1813 ; au lendemain de la « bataille des Nations » et de ses innombrables morts, le typhus fait rage. Richard va donc être élevé par le nouveau compagnon de sa mère, un ami de la famille, Ludwig Geyer, poète, écrivain, peintre, acteur… en tous cas, Richard le considérait comme son véritable père, même si l’idée qu’il ait pu être aussi son père biologique peut être écartée.
    Par contre, il n’est pas possible de remonter dans l’arbre généalogique de Johanna-Rosine.
    L’après midi, après un déjeuner des plus sympathique au Sofitel qui nous accueille, c’est le plat de résistance : Wagner et Weber, conférence présentée par Pascal Bouteldja, avec une belle, et souvent originale, illustration musicale.
    Wagner, dont on connait la dent dure, a toujours porté une grande admiration à son prédécesseur (Kapelmeister à Dresde en 1816, là où Wagner connaîtra ses premiers succès, presque trente ans plus tard !), tout comme à Beethoven.
    Il entend le Freischütz à Paris, réorchestré par Berlioz. Il rédige un article en français, où il critique à peu près tout, la réorchestration et la mise en scène ridicule : pour lui, Weber ne peut être compris qu’en Allemagne, où il y a une véritable vie de l’âme, intime et méditative (dont, apparemment, les pauvres français sont dépourvus…)
    A Dresde, Wagner dirige le Freischütz et Euryanthe. Il défend les droits de la veuve de Weber, pour que celle-ci qui n’a évidemment aucun droit, à cette époque, sur les œuvres de son époux, reçoive une pension. Et surtout, il va s’attacher à faire revenir sur le sol allemand les cendres de Weber, décédé en Angleterre. Cela se fera en 1844. Il crée un comité, compose la musique pour l’occasion. Une musique funèbre accompagne le cortège ; en présence de la Schröder-Devrient, il prononce le discours.
    Il œuvre aussi pour qu’une statue du compositeur y soit érigée. Quand cela se réalisera, malheureusement, Wagner ne pourra y assister, ayant du quitter précipitamment Dresde….

    L’année prochaine, si la date n’est pas encore fixée, le sujet est déjà déterminé : Wagner, Liszt et l’Orient. Voilà qui promet une belle journée !
    Anne HUGOT LE GOFF

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