Anne HUGOT LE GOFF

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 23)
  • en réponse à : Tannhauser en français #2505

    Anne HUGOT LE GOFF
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    Je n’ai pas les connaissances musicologiques de mes distingués amis du Cercle Wagner…. Aussi je réagis toujours d’une façon sensitive, comme devant un paysage ou un tableau, Pour moi l’opéra est le spectacle total et parfait par excellence. Je sais que je réagis donc de façon parfaitement irraisonnée; je trouverai toujours qu’un ténor empoté ou une cantatrice bouffie chantent mal…. même si les vrais connaisseurs trouvent qu’ils chantent très bien….

  • en réponse à : Tannhauser en français #2502

    Anne HUGOT LE GOFF
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    Personnellement…. je place Wagner infiniment plus haut que Berlioz, qui ne m’intéresse que modérément….. et dont je connais mal la personnalité. Wagner est un génie (même s’il n’était pas sympathique, LOL…..), Berlioz est un musicien (ce qui est déjà pas mal!!!), et je ne sais pas s’il était sympathique. Ce qui est sûr c’est qu’il avait aussi des avis bien tranchés, mais c’est quelque chose que je ne reprocherais à personne, étant moi même coutumière des avis définitifs….
    Oui, on reste muet et incapable de réagir après la fin du Crépuscule ou la mort d’Isolde. Le même phénomène se produit il à la fin des Troyens? Pas pour moi en tous cas. Il est vrai que certaines mises en scène guignolesques n’incitent pas au recueillement…

  • en réponse à : Wotan #2408

    Anne HUGOT LE GOFF
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    Psychanalyse de Wolfgang….
    Une vie de larbin, au service de grands seigneurs, pas forcément méchants hommes, mais quand même….. D’autres l’ont été avant lui, et non des moindres, mais Mozart, qui était sans doute franc maçon, était acquis aux idées nouvelles et manifestement plébiscitait un Beaumarchais qui prédisait la victoire du peuple, ou plus exactement de la bourgeoisie (Figaro est plus près d’un petit bourgeois que d’un homme du peuple) sur la bourgeoisie.
    Comment s’est il vengé de Don Giovanni? En ne lui écrivant pas de musique. Certes, il est quasiment toujours en scène, pour participer aux ensembles, à des duos (par exemple avec Leporello) plus proches du parlé que du chanté, mais pas seul grand air -une chanson à boire et une sérénade assez peu inspirée…. Même le fade Ottavio a un bel air comme Mozart savait les écrire! Même Ottavio est mieux servi! C’est pas une preuve de détestation ça??
    Chef d’oeuvre des chefs d’oeuvre…. ça ne veut pas dire grand chose. Parsifal ou la Walkyrie? (Surement pas Tristan dont le livret est insupportable) Faut il penser musique seule, ou tenir compte aussi de l’intérêt de la thématique? Madame Butterfly, Peter Grimes ou Eugène Oneguine sont des oeuvres théâtralement formidables…
    En effet ma phrase était tournée à l’envers: Procida est une première version frustre de Posa, forcément moins intéressant. C’est un Che primaire. Posa est bien plus. Il joue de l’attrait homosexuel qu’il exerce en particulier sur Philippe (oui, le côté homosexuel de Don Carlos, j’y tiens, j’ai même réussi à convaincre Christian Merlin!!) Il rentre dans les bonnes grâces de son ennemi; il trahit Carlos, dont il est amoureux, mais pas au point de l’envoyer à la mort. C’est un magnifique personnage dont peu arrivent à rendre la complexité, même en chantant très bien….

  • en réponse à : Wotan #2405

    Anne HUGOT LE GOFF
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    Je viens de voir la saison prochaine on aura René Pape en Boris. J’y cours!!

  • en réponse à : Wotan #2404

    Anne HUGOT LE GOFF
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    Pour en revenir à notre trio de crapules….. c’est bien pour ça qu’ils sont intéressants, car bien franchement, les chevaliers blancs, quelle barbe! Pourtant aime t-on tant Posa? Parce que c’est un personnage ambigu, qui sous ses dehors d’ami absolu (ami prêt à virer à l’amant?) manipule tout le monde, Philippe, Carlos…. comme un peu plus tard Procida dont il est la première version.
    J’ai adoré la version de Claus Guth de Lohengrin pour sa vision sarcastique du chevalier blanc: qui tombe sur terre tout plein de sa morale et de ses rêves idéalistes et se trouve confronté à de vrais humains avec leur vraie petitesse. Effrayé par ce monde, incapable de s’y adapter, notre Lohengrin se révèle être…. un vrai neuneu.
    Don Giovanni pourrait être intéressant en le psychotant un peu. Il court après tout ce qui bouge car au fond il se déteste? En tuant le noble Commandeur il finit pas tuer la partie noble de lui même? J’avais imaginé une mise en scène où le Commandeur serait l’image de Don Juan vue dans un miroir. Lorsque on reste au premier degré des aventures d’un jouisseur sans scrupule, c’est un personnage bien mièvre, d’autant que Mozart (qui devait le détester) ne lui a écrit que des airs bien mièvres, sérénade, chanson à boire…..
    Pour Boris, je pense qu’il faut alterner la version avec et sans acte polonais. J’ai adoré la version utilisée par Ivo van Hove, resserrée autour d’un drame humain; mais la version avec acte polonais, plus « grand opéra » ne manque pas de charme, il y a quelques jolis airs. Il faut donc voir tantôt l’une, tantôt l’autres….

  • en réponse à : Wotan #2401

    Anne HUGOT LE GOFF
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    Moi, ce problème de l’adéquation d’un personnage et d’une tessiture m’intrigue beaucoup. Il se pose dans un certain nombre de rôles (bon, les ténors ne sont pas concernés: une voix claire comme celle du beau blond (Klaus Florian) ou sombre comme celle du beau brun (Jonas) ne va pas modifier la vision qu’ils peuvent donner de Lohengrin). Il se pose pour quelques uns des plus beaux rôles de l’opéra: je pense à Don Giovanni, Boris, et Wotan donc, interprétés par des basses ou des barytons, et cela peut changer complètement notre ressenti du personnage. Pour en revenir à Wotan, sans doute Hans Hotter avait il la plus belle voix…. mais c’est, à la limite, le Wanderer, mais sûrement pas la crapule de l’or du Rhin! Boris (le vrai) est mort à 55 ans. Ildar Abdrazakov avec sa jeunesse et sa stature athlétique était juste, plus qu’une basse noble: le rôle n’a d’ailleurs pas été écrit pour une basse noble, mais beaucoup de grandes basses s’en sont emparé.
    Bref, pour en revenir à Wotan: que souhaitait Richard Wagner? A cette question, nous n’auront jamais de réponse….


  • Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Je ne connais pas! Pourtant, j’adore Offenbach, mais je n’ai jamais regardé Barbe-bleue!


  • Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    En plus: à quoi sert un génie mort inconnu de tous dans la misère? Quand on sent qu’on porte en soi le génie, n’est ce pas, non seulement normal pour soi, mais bénéfique pour l’humanité de tout faire pour le faire reconnaître. A quoi sert de se complaire dans la posture du génie incompris? On ne reprochera donc pas à Wagner d’avoir été le bon commerçant de lui même…. Cela dit, il n’a pas toujours été très élégant.
    Pour la Walkyrie, j’ai quand même généralement du mal avec le physique. …. Pour moi, opéra = art total. Y a rien à faire. Je veux croire à ce que je vois…. je veux rentrer dedans…. Et malheureusement, en ce qui concerne ces dames, la maturité d’une voix wagnérienne arrive à un moment où le physique ne suit plus trop…. Tout le monde n’a pas la chance de vieillir comme notre merveilleuse Waltraud Meier…

  • en réponse à : RIGA #2306

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    En tous cas la petite correspondance était bien intéressante, au point, comme vous l’avez vu, que j’en fasse un sujet à part!!

  • en réponse à : RIGA #2301

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Mille mercis! Mais puisque vous avez assisté à la conférence, pourquoi diable ne pas vous être manifesté en direct, cela aurait intéressé tout le monde! A commencer par Cecile Leblanc….

  • en réponse à : RIGA #2270

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Merci pour toutes ces indications très érudites!

  • en réponse à : Tristan und Isolde à l’Opéra-Bastille #2139

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Le couple est psychologiquement passionnant. Si l’amour est l’association du principe mâle et du principe féminin, c’est bien Isolde le mec. Elle est forte, orgueilleuse, colérique, vindicative. Lui n’a pas pu se sortir de ses blessures d’enfance. Ils sont tombés follement amoureux l’un de l’autre quand elle soignait Tantris; ils n’ont pas voulu se l’avouer, elle par orgueil, lui par peur de la vie. Qu’est ce que Brangaene leur a fait boire? du LSD, ou peut être du GHB (dit aussi drogue du violeur), en tous cas une substance qui fait tomber les inhibitions….. et donc, aussi, la peur de la mort. Il y aurait du grain à moudre dans une vision pharmaco-psychologique de Tristan….

  • en réponse à : Tannhauser en français #2512

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Oh très savant docteur M. ……
    Je n’ergoterai pas sur Callas et Caballe. Caballe, je l’ai vu mille fois en scène, en particulier dans des seria de Rossini, avec Marylin Horne…. le choc des Titanes…. C’était magnifique. Pourquoi? Ce genre d’opéra là, on n’y croit pas. On y va pour une musique éblouissante dans ses ornements, des performances vocales…. Pas pour « rentrer dedans »
    Quand il s’agit de Butterfly ou de Traviata, c’est autre chose…. Le ramage ne me suffit plus. Il me faut aussi le plumage
    La voix de la Callas dépendait elle de son poids? Ou de son insécurité, de son instabilité sentimentale, de cette vie mondaine qu’elle a menée pour suivre Onasis? L’exquise Lisette Oropesa raconte qu’elle a perdu 40 kilos…. comme Callas, pour rester raccord avec ses personnages. Et elle n’a rien perdu de sa voix. Alors?
    A propos de Caballe, j’ai une anecdote. Un jour je ne sais plus quel opéra c’était, quelqu’un balance des cintres une poule noire. Cela porte malheur. La diva impavide, tout en continuant à chanter et sans presser le pas le moins du monde, se dirige vers l’animal agonisant, en fait trois fois le tour ce qui, comme tout le monde le sait, conjure le sort… avant qu’un technicien ne sorte hâtivement des coulisses pour évacuer l’animal.

  • en réponse à : Tannhauser en français #2508

    Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Mais j’adore Norma! Un des premiers 33 tours que j’ai acheté. Parce que: Callas! L’insurpassable, l’unique. Même quand les connaisseurs trouvaient que sa voix, non, c’était vraiment plus ça…. pour moi, c’était la plus belle voix du monde. Toutes les souffrances du monde dans cette voix. Et quelle beauté en scène…. A part cela, quand j’écoute Bellini dans des conditions « normales », je le trouve quand même assez plat. C’est joli, mais un peu monotone…
    A part elle? Dmitri Hvorostovki qui avait aussi une telle présence scénique. Est ce à cause de lui qu’Eugène Oneguine est un de mes opéras préférés?
    Et puis! Georges Thill. Là, il faut rembobiner. Mon père, parfaitement autodidacte avait une collection de 78 tours. Tout Beethoven symphonique. Et puis: la Symphonie sur un thème montagnard de d’Indy; la Symphonie en ré et les Variations symphoniques de Franck; la Symphonie avec orgue de St Saens…. Je pense que c’est tout cela qui a modelé mon intérêt essentiel pour le musique fin 19e. Point de lyrique. Sauf: Lily Pons chantant Lucy de Lamermoor (affreux! affreux!!) Et: sur un 78 tours, d’un côté, le grand air d’Alceste , « banies, la, crainte, etet léé aa laaarmes…. » et de l’autre, en francais bien sur, l’air du Graal, par le grand Georges….


  • Anne HUGOT LE GOFF
    Modérateur

    Aucune raison de mépriser le « petit Mozart des Champs Elysées »
    Quant à moi, je vais encore beaucoup plus loin dans le mauvais goût inavouable…. J’adore la Veuve Joyeuse….. « Femmes femmes femmes » me fait chanter et danser et j’aurais adoré qu’on me susurre « Heure exquise qui nous grise ».
    Une même tendresse pour Hannah Glawari et Brünnhilde? Non, quand même pas…..

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